Robin Hood Fan

Venez découvrir la légende de Robin des bois et de la forêt de Sherwood...
 
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 Souvenirs d'une vie

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clochette
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MessageSujet: Souvenirs d'une vie   Mer 4 Mar - 19:31

Voilà ! Vu que vous avez appréciez ma fiction sur la vie de la fille de Robin et Marianne, je vous soumet un autre écrit de mon invention. J'ai eu l'idée un peu folle ( ) d'écrire les (faux) souvenirs de Marianne. Cette fois il n'y aura aucun rapport avec la série de la BBC. (même si certains détails se retrouveront)

Bonne lecture et surtout donnez-moi votre avis !



Il paraît que quand on meurt, on revoit toute sa vie défiler devant soi ...

Je m'appelle Marianne Fitzwalter. Mon nom de famille veut dire fille de Walter. Mon père s'appelait ainsi. Il était responsable d'un comté pour le roi d'Angleterre. Ma mère était membre de la famille royale. Je suis une lointaine cousine des princes les plus connus d'Angleterre, Richard et Jean.

L'enfant

Je ne me rappelle pas beaucoup de ma prime enfance. Nous vivions dans un château qui servait à la fois de centre et de refuge au comté. Le château de mon enfance a grandi avec moi. Mon père y a fait beaucoup d'aménagement. Le voyage était long pour aller jusqu'à la résidence de mes lointains cousins. Je ne me rappelle pas y avoir été souvent. J'ai quelques vagues souvenirs de celle que nous appelions tous « Tante Aliénor ». Mes cousins étaient bien grands pour s'occuper d'une enfant comme moi. Cependant je me rappelle que Richard était très gentil et très patient avec l'enfant que j'étais. C'était un jeune homme très beau, plein de charisme mais d'un caractère à s'emporter très vite. Il croyait beaucoup aux valeurs de la chevalerie. Il avait aussi un sens aiguë du devoir et de la politique. Il n'a pas beaucoup changé en vieillissant. Tante Aliénor a un jour dit à ma mère qu'il me faudrait une bonne éducation pour devenir quelqu'un et elle a aidé ma mère a trouvé de bon professeur pour moi. Tante Aliénor pouvait paraître froide et calculatrice parfois mais je pense que c'est sa vie qui la rendue ainsi. Elle a toujours était très gentille et bonne avec moi. Quand j'étais petite au château de mon père, il y avait plusieurs enfants de nobles. En fait, il y avait surtout des garçons que leurs pères envoyés chez nous pour servir mon père et apprendre les arts de la guerre. Un particulièrement restera dans mon souvenir : Robert que tout le monde appelait Robin. J'avais cinq ans quand il est arrivé avec son père. J'étais, comme souvent, accroché aux basques de mon père et je l'ai vu arrivé avec son père à lui. Il se tenait droit et fier devant mon père et moi. Mon père rentra avec le sien à l'intérieur et il me laissa seule face à ce garçon. J'étais plutôt farouche avec les étrangers. Mais il me semblait curieux. Nous nous sommes dévisagé l'espace d'une seconde et il m'a fait une grimace en me tirant la langue. Voilà ma première rencontre avec Robin. Et même si je lui en ai voulu de ce geste, je ris de ce souvenir aujourd'hui. Les deux années qui suivirent l'arrivée de Robin ne me laisse que peu de souvenir. Certaines leçons me restent en mémoire. La broderie n'était pas une de mes leçons favorite loin de là. C'est pourtant celle dont j'ai le plus de souvenirs. Je passais des heures à essayer de m'appliquer. Je me rappelle avoir été avec ma mère chez celle de Robin. Une dame dont je garderais un excellent souvenir. Très gentille, toujours souriante mais avec un caractère bien trempé. Je me rappelle d'un jour où nous étions là-bas et je suis sortie m'amuser avec Robin et les autres. Robin prenait la défense du fils du meunier. Ils étaient amis depuis l'enfance et Robin ne supportait pas l'injustice avec laquelle on le traitait. Je devais être un bien lourd fardeaux pour les deux garçons maintenant que j'y repense. Je ne cessais de les suivre dans leur jeu. J'en étais vraiment agaçante. Et puis je me rappelle qu'un jour on m'a forcé à aller voir Tante Aliénor avec ma nourrice. Personne ne m'avait dit pourquoi. Tante Aliénor a été très gentille avec moi, même si je la voyais peu. Un jour, j'apprenais mon latin avec un moine austère dont j'ai oublié le nom, et Tante Aliénor est entrée dans la pièce. Elle avait l'air bien sérieuse. Elle m'a dit que je devais rentrer chez mon père, qu'il m'attendait. Je n'ai pas tout de suite compris que quelque chose n'allait pas. En réalité, je n'ai compris que quelque chose avait changé que lorsque j'ai atteint le château de mon père avec ma nourrice. Mon père est sorti vêtu de noir. Je savais bien pourquoi les gens mettaient du noir. J'ai cherché ma mère du regard et j'ai compris. Ma mère était morte d'une grave maladie. Je me rappelle bien de ce jour là. La détresse dans les yeux de mon père, le regard peiné des gens. Aucun détail ne m'échappe encore aujourd'hui. Je me rappelle avoir couru le plus vite possible dans les couloirs vers la chambre de ma mère. Je me rappelle avoir crié, hurler qu'on me rende ma mère. Je me rappelle ensuite être sortie seule, du haut de mes sept ans, dehors. Mais ce dont je me souviens c'est surtout le réconfort de Robin. Il m'avait retrouvé et il m'avait consolé comme on se console entre enfants. Ce soutien si inattendu m'avait redonné de l'espoir, du courage pour moi mais surtout pour mon père. Je ne le remercierais jamais assez pour ce qu'il a fait ce jour là. D'ailleurs à partir de ce moment, il m'a plus accepté dans ses jeux avec les autres garçons. J'y ai appris à me défendre. Chose rare pour une fille. Cela a mis mon père dans une rage folle quand il l'a su, puis il a accepté pour moi et parce que étant sa seule enfant je serais bientôt l'objet des convoitises. Une autre chose que j'ai apprise peu après c'est que mon père avait fomenté un horrible complot contre moi, ou du moins c'est ce que je pensais à cette époque. Il s'était entendu avec le père de Robin pour organisé notre mariage quand j'aurais atteint l'âge requis. Bien sûr je m'empressais de le dire à Robin. Je me rappellerais toujours de ces mots que j'ai prononcé. « Toi et moi nous allons nous marier Robin ». Son rire enfantin retentit encore à mes oreilles. Ce rire qu'il a gardé toute sa vie. Il n'avait pas voulu me croire.

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MessageSujet: Re: Souvenirs d'une vie   Mer 4 Mar - 19:41

Oh c'est trop trop bien !
J'adore Very Happy
Sa ressemble vraiment a robin ce tirage de langue !!
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MessageSujet: Re: Souvenirs d'une vie   Mer 4 Mar - 20:10

ptdr les parents et leurs plans foireux sérieux ... heureusement qu'on a changé d'époque sinon on serait dans une belle merde toutes les deux ma grande lol!
Bon allez écris ! now !
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MessageSujet: Re: Souvenirs d'une vie   Ven 6 Mar - 19:54

je ne vois pas pourquoi ? En tout cas je suis ravie que ça vous plaise à toutes les deux. En espérant que d'autres personnes apprécieront ........

Je pense que je pourrais mettre une suite rapidement. Puisque ça vous intéresse !

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MessageSujet: Re: Souvenirs d'une vie   Sam 7 Mar - 0:49

désolée pour le double post ! Voilà la suite qui j'espère vous plaira ! Bonne lecture !


Au fur et à mesure que nous avons grandi, nous sommes plus souvent sortis seuls tous les deux. Pas comme des futurs époux mais plus comme deux amis. En réalité, il n'y avait pas un instant où nous ne nous chamaillons pas. Combien de fois ne suis-je pas rentrée la robe pleine de boue, déchirée. Robin n'était pas pire que moi. Je m'étais tout sur son dos mais nos pères savaient bien que nous étions tout deux responsables. La petite sœur de Robin nous regardais avec envie. Je ne prêtais pas trop attention à elle. Elle était tellement plus jeune que nous et j'ignorais alors qu'en grandissant nous deviendrions amies. Nous nous lancions beaucoup de défis qui nous ont attirés beaucoup d'ennuis. Les départs de feu dans la paille, les tâches sur les draps propres ou encore faire peur aux gens étaient devenus nos occupations principales. Combien de fois ai-je fauché compagnie à mes professeurs pour galoper cheveux aux vents et jupes retroussées à travers la campagne. N'importe quel père aurait mis sa fille dans un couvent pour lui apprendre les bonnes manières et la retenue. Je dois dire merci à mon père pour sa patience. Jamais il n'a été méchant avec moi. Je ne sais si c'est en raison de la disparition prématurée de ma mère ou si c'est le simple amour pour sa fille qui l'ont fait être si compréhensif. Je n'ai jamais subi de châtiment pour ma conduite. Je crois que c'est pour ça que je suis devenue plus sage en devenant jeune fille. Robin, mon compagnon de jeux, passait de plus en plus de temps à apprendre à tuer. Je n'avais plus le droit d'apprendre, comme lui, à tenir une épée. Je me rappelle pourtant avoir bravé l'interdit de mon père. Un vieux sergent m'apprenait les bases du métier des armes. Je ne peux pas dire que j'étais une redoutable adversaire mais j'en savais assez pour ne pas me laisser faire. Robin a été fait chevalier rapidement. Je crois qu'il avait dix-neuf ans. C'était une grande fête. J'avais eu le droit de paraître avec mon père plutôt que d'être confinée avec ma gouvernante. J'avais reçu ma première belle robe avec l'ordre de faire bien attention. On m'avait bien peignée et habillée. Je siégeais à la droite de mon père. Je recevais en même temps que lui les hommages. Je me sentais fière de la confiance de mon père. Je me rappelle avoir fait attention à chacun de mes gestes. Je me rappelle du sourire et des yeux rieurs de Robin. C'est ce jour là qu'on me présenta officiellement sa sœur. Robin ne m'en avait pas fait un portrait très flatteur je dois dire. C'était une enfant pleurnicharde et extrêmement embêtante selon lui. En fait, je me rappelle juste d'une enfant timide, très jolie. Peu après, j'ai du aller voir mes cousins avec mon père. Richard était devenu roi. Mon père devait lui parler et c'était l'occasion de présenter la jeune fille que j'étais devenue. Tante Aliénor était plus vieille que dans mes souvenirs de petite fille. Au début je suis restée avec elle. Elle m'a beaucoup questionnée, a rit parfois devant mes réponses un peu emportée. Je n'ai pas beaucoup parlé à mon cousin Jean. On aurait cru qu'il souffrait en permanence. Il ne parlait à personne sauf à son cercle de proches. Sa mère, seule, semblait trouver grâce à ses yeux. Je n'ai jamais eu peur de lui, mais je dois reconnaître qu'il ne me plaisait pas beaucoup. Ce sentiment à son égard a continuer de croître avec le temps. J'ai aussi parlé avec Richard. Il m'a posé aussi beaucoup de questions et, chose que je n'aurais pas cru possible, m'a demandé mon avis sur des sujets importants. Richard avait un courage aveugle mais, quand il s'agissait de son pays, faisait preuve de la plus grande prudence. Il me parla de la croisade que le pape lui avait demandé de co-diriger. Mais sa méfiance envers Philippe, le roi de France, le faisait hésité. Je suis retourné chez moi avec mon père en pensant qu'il se passerait du temps avant qu'il ne parte à des milliers de kilomètres. Je dois dire que la décision est tombée comme un couperet pour moi. D'autant plus que je m'étais attelée depuis plusieurs jours à la préparation de mon trousseau. Richard demandait à tous les jeunes gens de l'accompagner. Toute une génération allait suivre son roi à la mort. Je m'étais attachée, plus que de raison je crois, à l'idée d'épouser Robin. Je l'aimais déjà sans le savoir. Au moment où je commençais à comprendre le changement de mes sentiments pour lui, j'avais aussi peur qu'on me l'arrache. J'ai fait la route jusque chez lui et je lui ai demandé de but en blanc ce qu'il comptait faire. Je lui ai dit très sèchement une phrase que je regrette parfois d'avoir prononcé. « Je ne serais peut-être pas là quand tu reviendras. Je ne t'attendrais pas. Enfin si tu reviens ... ». Il avait le visage calme et m'a assuré qu'il ne ferrait jamais ça de son plein gré. Et pourtant ...


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MessageSujet: Re: Souvenirs d'une vie   Sam 7 Mar - 3:09

"Combien de fois ai-je fauché compagnie à mes professeurs"

Ça serait pas plutôt fausser ?lol! Je comprends, il est tard et tu as eu une dure journée ...

"jupes retroussées"


Y en a un qui devait se rincer l'œil ...

Bref sinon c'était bien intéressant ! Robin qui veut pas partir à l'aventure mon c... oeil !

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MessageSujet: Re: Souvenirs d'une vie   Sam 7 Mar - 14:49

J'aime vraiment beaucoup Smile
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MessageSujet: Re: Souvenirs d'une vie   Lun 9 Mar - 19:51

merci c'est très gentil ! voici la suite qui j'espère ne vous décevra pas ! cette partie est plus courte alors je la mets en une seule fois ! bonne lecture !


La femme

J'ai grandi du jour au lendemain avec le départ de Robin. Après l'avoir aimé, je pensais le détester. Il était partis sans un au revoir, sans une explication, sans une raison qui m'aurait permis de comprendre pourquoi. Pourquoi ? Une question que je me suis souvent répétée. A partir de cette date, mes souvenirs s'assombrissent. L'humeur influe peut-être sur la couleur que prend notre vie dans nos souvenirs ? La mienne est devenue sombre et triste. Je me suis enfermée dans mon rôle de jeune fille noble. J'ai soutenue mon père et tenue mon rang chaque jour. Mais tout a changé quand mon cousin Jean a décidé de prendre les rênes. Un homme est venu un jour. Il remplaçait mon père. Un homme hautain, sur de son importance. Il me semble d'ailleurs que je l'avais entrevu dans le cercle des amis de Jean. Toujours est-il que mon père s'est vu offrir des terres et un petit manoir pour prendre sa retraite. Le comté a autant changé que moi. Cet homme s'est montré cruel avec tout le monde. Je n'avais droit à un peu de respect que parce que Jean était mon cousin. Je me suis résignée à tenir ma place pour que mon père soit en sécurité. Je savais que je ne serais plus la petite fille insouciante que j'avais été. A cette époque j'ai rencontré un homme dont le souvenir serait dur à occulter pour moi. Guisbourne. Je l'ai toujours connu sous ce nom là. Pas un prénom ne me revient en mémoire. C'était un homme grand. Ses yeux surtout me restent clairs dans ma mémoire. Des yeux captivants dirai-je. Il avait un regard puissant. Si j'avais été élevée différemment, je pense que j'aurais choisi cet homme pour la sécurité et la stabilité qu'il offrait. Mais ma conscience ne me donnait aucun répit et le souvenir de Robin était encore trop présent dans mon esprit et mon cœur. Je ne lui ai jamais dit, mais j'ai hésité longtemps avant de refuser Guisbourne. Lui au moins il était présent pour moi. C'était important dans mon esprit à l'époque. Quand celui pour qui vous avez de si forts sentiments part loin de vous, son départ laisse une plaie béante qui ne se referme pas. On cherche le réconfort auprès de ceux qui ne sont pas partis, qui ne vous ont pas abandonné. Je crois que ceux sont ses actions qui m'ont fait le repousser. A force d'être toujours derrière Robin, j'avais appris à détester l'injustice. Je ne pouvais pas faire grand chose par moi-même. Mais je me suis mise à sortir la nuit pour emmener des médicaments et des vivres à ceux qui en avaient besoin. Les gens bénissaient ce rôdeur. Je fus très vite recherchée pour trahison. Mon père ignorait totalement ce que je faisais. Je ne prenais pas de risques. Comment aurais-je pu combattre des hommes bien mieux armés et entraînés que moi ? Néanmoins faire ça m'apportait un peu de soulagement. Pendant quelques heures, la nuit, je me sentais moi-même. J'avais une vieille épée au côté. Je priais pour ne jamais avoir à m'en servir. Je faisais bien attention à ce qu'on ne me voit pas. Je me sentais fière de moi. Les années d'absence de Robin passèrent plus rapidement que je ne l'aurais cru. Nous étions surveillés et soupçonnés continuellement mais je me sentais bien. Je prenais au sérieux mon nouveau rôle de femme. Peut-être trop au sérieux ... Toujours est-il qu'un jour on a frappé chez nous. J'ai ouvert la porte. Il y avait là un homme que jamais je n'aurais pu oublier même après tant d'absence. Je me souviens encore de son sourire arrogant et de sa phrase pleine de suffisance. « Je suis revenu. C'est moi Robin ! » Je crois qu'il doit encore avoir la joue en feu. Jamais je n'avais perdu le contrôle comme ça. Ce n'est pas une gifle mais mon poing fermé qui est venu s'écraser sur sa joue. Toute ma colère était remonté en moi. Je n'ai pas revu Robin par la suite avant qu'il ne deviennent un hors-la-loi. J'ai appris qu'il avait tenu tête au remplaçant de mon père et qu'il avait bravé toutes les règles imposées par celui-ci. Sa maison avait été brulée. Je ne savais pas ce qu'était devenue sa sœur. Sa mère avait été emmené captive pour l'exemple. Elle mourut de froid et de faim sans doute quelques jours après. J'ai moi-même supplié celui qui avait chassé mon père de lui faire donner des funérailles convenables. Il a accepté mais s'est encore plus méfié de moi. Je pense que j'ai fait ça autant pour sa mère que pour Robin. Je ne lui ai jamais dit d'ailleurs que c'était moi qui avait supplié notre ennemi commun de traiter sa mère avec respect dans la mort. Robin a commencé à venir en aide aux gens comme je le faisais. La seule différence, c'est qu'il le faisait au grand jour. La colère a laissé place à une jalousie, bien mal placée je le reconnais. Je ne comprenais pas pourquoi les gens l'aimaient tant. J'étais restée, je les avais aidés. Qu'avait-il fait pour eux ? Personne ne le connaissait comme moi je croyais le connaître. Il m'avait abandonnée pour aller risquer sa vie loin de moi. Maintenant il revenait et il avait toute les éloges. Cela me semblait vraiment insupportable. Plusieurs fois, il est venu me demander de l'aider. Je l'ai envoyé sur les roses. Avec le temps et en parlant avec son ami Much, le fils du meunier qui l'avait accompagné aux croisades, j'ai compris qu'il avait autant souffert que moi. Il était partis sur ordre de son père. Il avait vu des horreurs sans nom. Il n'en a jamais parlé. Il n'a d'ailleurs jamais parlé du passé. « Ne nous occupons pas du passé. Le présent est déjà bien assez compliqué comme ça. » C'est là notre plus grande différence. Quand je ressens le besoin de parler de notre passé, il esquive mes paroles. Je le comprends je crois. En tout cas j'essaie. Le temps m'aide. J'ai réappris à lui faire confiance. Il a vite compris que c'était moi qui apportait des soins aux pauvres gens. J'ai eu droit à un beau sermon et lui, de belles répliques cinglantes. La forêt où il s'était caché doit encore résonner de nos mémorables disputes. Il avait fini par réunir un groupe d'hommes. Sa sœur était sous sa protection. Il ne voulait pas cependant que je vienne le voir là-bas. J'étais une jeune femme noble qui faisait officiellement parti de l'ennemi. Je ne lui ai jamais désobéi pour ça. J'ai commencé à lui rendre quelques petits services en allant à l'ancien château de mon père. Puis, j'ai servi d'espionne occasionnelle. Je n'ai pas pris beaucoup de risques jusqu'à la mort de mon père. Je donnais surtout des renseignements sur les chargements de valeur qui passaient sur sa route ou les plans d'attaques mineurs contre Robin et ses hommes. Une vie plutôt tranquille s'est installée jusqu'à la mort de mon père. Il a succombé à une épidémie. Je suis repartie vivre dans l'ancien château de mon père où je fus placé sous la tutelle de son horrible remplaçant. Une autre vie commença pour moi.

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MessageSujet: Re: Souvenirs d'une vie   Lun 9 Mar - 20:38

J'adore. C'est dure, mais j'aime.Ca ce lit si bien. Fin' a chaques fois je passe un bon moment.
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MessageSujet: Re: Souvenirs d'une vie   Mer 11 Mar - 19:23

et voilà ! encore une autre ! j'espère que ça plait toujours !


L'espionne

En arrivant dans ce château qui m'avait vu grandir, je me suis sentie vite comme une personne de trop. Une animosité à peine cachée s'est installée entre mon tuteur et moi. Je savais qu'il attendait la décision de mon cousin Jean pour se débarrasser de moi. Je crois que j'ai vite pris la décision de servir d'espionne à plein temps. J'ai décidé de faire comme les autres même si ça me répugnait. J'ai joué avec les gens. Cela m'a toujours déplu de manipuler les autres. N'ayant pas d'autres choix, je suis vite devenu assez forte à ce jeu. Mais je n'aimais pas ce masque que je devais porter. Le pire, pour moi, a été la manipulation de Guisbourne. J'avais un trop grand respect de l'être humain sans aucun doute. Je trouvais le courage en me disant que d'autres faisaient bien pire. L'excuse n'est peut-être pas bonne mais cela m'a aidé à tenir le plus longtemps possible. Robin ne m'a pas beaucoup aidé. Il a développé une énorme jalousie face à cet homme que je manipulais pour lui. Je n'ai jamais réussi à lui faire comprendre que seul lui comptait. Je crois que plus qu'une haine politique, c'est devenu personnel entre les deux hommes. Bien sur, Guisbourne savait pour mon histoire avec Robin et Robin savait qu'il y avait un risque que je bascule si je restais trop longtemps avec lui. Je ne nie pas qu'il n'ai pas eu un peu raison. Il m'a fallu parfois beaucoup de sang froid pour résister à cet homme. Je crois qu'il est trop tard pour mentir sur moi. Plusieurs fois, j'ai eu un penchant pour lui. Mais pour ma défense je dirais qu'il s'agissait plus d'une curiosité, d'une attirance entre la glace et le feu, que de sentiments vraiment forts. Il y avait entre Robin et moi un lien plus fort que tout le reste. Nous nous ressemblions beaucoup et surtout nous nous connaissions très bien. Je me suis même demandé si nous ne lisions pas dans nos esprits respectifs ! Nous sommes définitivement liés l'un à l'autre quoi qu'on en dise. Cette vie faite d'adrénaline et de ruse a ajouté d'autres traits à ma personnalité. Je suis devenue attentive au moindre bruit. J'étais capable de déchiffrer une expression sur un visage avec une aisance folle. J'ai enfermé tout mon être dans le secret. J'ai en quelque sorte développé un instinct de survie, sans lequel je n'aurais pas vécu jusqu'à aujourd'hui. Beaucoup pense encore aujourd'hui que j'étais une demoiselle en détresse bien sage qui s'est éprise d'un hors-la-loi. J'étais plus que ça. En fait les gens ont surtout retenus l'image que je voulais donner de moi à cette époque. J'ai caché mon esprit indépendant et la majorité de mon caractère pour qu'on ne prête pas grande attention à moi. Je suis assez fière de moi pour ça. Mais peut-être suis-je allez trop loin ? L'histoire le dira. Je n'ai pas eu le choix. Si j'avais montré ma vrai nature, je pense que mon tuteur m'aurait placé dans un couvent d'où je ne serais sorti que les pieds devant ou pour épouser un vieux noble, allié de mon cousin. Mon imagination s'est également bien développée. Il me fallait à chaque fois trouvé une bonne excuse quand je me rendais dans des parties du château où je n'aurais pas du me trouver. Il n'y a qu'un endroit où je ne me suis jamais rendue seule : les geôles du château. Cet endroit, répugnant de saleté et grouillant de bêtes en tout genre, était le théâtre de torture dont je ne voulais pas connaître le contenu. Les seules fois où je m'y suis rendue, je fus accompagnée par mon tuteur et Guisbourne pour me montrer où mener la désobéissance. Je n'ai vu que des cellules vides mais le regard des deux hommes était tellement lourd de menaces que je n'ai jamais tenté quoique ce soit. Les cachots m'étant interdit, j'ai décidé d'explorer de fond en comble le reste du château. Je me rappelait, qu'étant enfant, mon père m'avait parler de passages secrets. En réalité, il ne s'agissait que de couloirs étroits qui permettaient aux gens du château d'évacuer ou d'envoyer un messager en tant de sièges. Néanmoins, ces passages n'étant pas mentionné sur les plans, je pus continuer à sortir aider les pauvres gens et apporter des informations à Robin à des points de rencontre hors de vues et de danger pour nous deux. Je dois remercier mon père d'avoir penser, lors des travaux du château, de cacher l'existence de ces passages. Je pense qu'il avait voulu que cela reste un secret qui passerait d'un homme à l'autre. Évidemment, il n'avait pas du penser à cet usage et encore moins pour sa fille. Les rencontres avec Robin étaient furtives et courtes. Cela ne nous a pas empêcher de nous disputer souvent. Il me reprochait mon attitude envers Guisbourne ou mes « interventions héroïques ». Je lui répondait qu'il était le seul responsable de ce qu'il se passait et que s'il n'avait pas été joué au soldat avec mon cousin la situation serait différente. En réalité, j'ignorais si la situation aurait beaucoup changé si Robin n'était pas parti. Mais mon cœur saignait encore tellement que la moindre vengeance me guérissait le temps d'une minute. Je me rends compte aujourd'hui à quel point j'étais ridicule et cruelle de lui imposer cela. Cette colère pourtant me fut utile à cette époque. Je n'avais pas beaucoup à feindre de mépriser Robin. Je voulais qu'il reconnaisse son erreur. Je ne me rendis compte que bien plus tard qu'il lui était difficile de parler de ses sentiments avec quelqu'un. Ce n'est que quand il croit tout perdre qu'il réagit et s'ouvre aux autres. Il s'est toujours dissimuler derrière son ironie et sa façon de tout prendre de haut. Ma colère m'a longtemps empêcher de le voir comme il était.

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MessageSujet: Re: Souvenirs d'une vie   Jeu 12 Mar - 18:12

N'ayant pas de réponse je tente une suite ! j'espère que ça fera plaisir à ceux qui aime cette histoire !


Mon rôle n'était pas de la plus haute importance au début. Tout à commencer à s'emballer le jour où j'ai découvert jusqu'où allait la perfidie de mon cousin Jean et de ses amis. La vie de la famille royale n'avait toujours était que complots et trahisons, mais jusque là ma jeunesse m'avait empêcher de voir cet aspect si sombre de ma parenté. Chacun de mes cousins avait essayer de se révolter pour obtenir le trône. Jean n'échappait pas à la règle. Je fus convoquer un jour chez mon tuteur où on me somma de faire entendre les chansons les plus connues de la chevalerie lors d'un banquet donné pour l'arrivée d'un personnage important. Le nom de cet homme m'échappe aujourd'hui. Le banquet arrivé, un regard de mon tuteur m'enleva la tentation de me dérober à ses ordres. Je commençais donc à chanter. Guisbourne, comme à son habitude, ne me lâchait pas de son regard sombre. Même si je restais concentrée sur les paroles de la geste que je récitais avec application, mes oreilles perçurent les paroles échangées entre mon tuteur et son illustre invité. Ils parlaient d'un grand projet visant à changer le visage de l'Angleterre. Je ne savais que trop bien ce qu'un homme comme mon tuteur pouvait faire à une contrée. Je sentis alors une sensation de peur nouer mon estomac. Je pris la résolution de me servir, pour la seule et unique fois, de mon identité de rôdeur à l'intérieur du château. La fin de soirée se passa en regard pesant des hommes qui convoitaient l'ascension sociale grâce au mariage avec une cousine du puissant prince. Je prétextais un mal de tête pour me retirer. J'eus droit à la réplique sur la faiblesse de mon sexe et la compagnie de Guisbourne jusqu'à ma chambre. Je dus le congédié devant son insistance à tenter un énième rapprochement. J'attendis une heure, me préparant avec encore plus d'attention que je ne le faisais pour mes expéditions nocturnes. Je vérifiais mille fois chaque détail. Je répétais inlassablement dans mon esprit mon trajet et ce qu'il convenait de faire si on me remarquait. J'avais depuis longtemps prévu un paquet contenant plusieurs affaires que j'avais dissimulées dans le passage. Je ne voulais pas être prise au dépourvu par une situation que je ne maîtrisais pas toujours. Je sortis doucement de ma chambre me rendant dans le couloir proche de la chambre de mon tuteur. Je savais qu'une antichambre existait. Je me rappelais, enfant, avoir longtemps espionné mon père. Je passais donc dans cette petite pièce qu'un rideau séparait du bureau. Je surpris alors les bases d'un complot. Jean espérait gagner l'appui des vieux nobles restés en Angleterre et déçus par Richard pour prendre la régence en attendant, ou plutôt en espérant, la mort de son frère face aux infidèles. Je ne pus, hélas, en entendre plus ma présence risquant d'être découverte. Je retournais dans ma chambre. Je fis par de mes découvertes à Robin quelques jours après. J'eus droit à une sévère réprimande sur mon attitude irréfléchie et les conséquences qu'elle aurait pu avoir. Je n'eus pas l'idée de répliqué ce jour là. La peur, la tristesse, l'angoisse que je pouvais lire dans les yeux de Robin me firent prendre conscience de la précarité de ma situation et de la réalité de ses inquiétudes. Plus tard, je compris que ce moment avait aussi été une preuve de son attachement inconditionnelle. Preuve que j'ai longtemps cherché alors qu'il m'en donnait mille à chaque instant de notre vie. A la suite de ces évènements, je fus plus sujette à la méfiance de mon tuteur et de ces partisans. Le seul qui tâchait de me « sauver » était Guisbourne. Il se montra plus pressant et plus étouffant. Seigneur ! Il me revient en mémoire un instant que je n'ai jamais raconté, moment unique, à la fois cruelle et captivant. Il n'est plus temps pour moi de cacher cette vérité. Je demande juste qu'on ne me juge pas trop sévèrement. Beaucoup seront choqués, d'autres me railleront ou certains même trouveront la force de me défendre, mais ce que j'ai fait ne fut prémédité de manière cruelle. Cela s'est passé un jour où le ciel était sombre. Quel jour ou quel mois était-il ? Je ne saurais le dire. Mon tuteur m'avait demandé de descendre aux cachots. L'ancien régisseur de mon père venait d'être arrêté pour trahison et on me soupçonné de ne pas être étrangère à ce délit. J'eus droit au sermon habituel ainsi qu'aux menaces. Mon tuteur remonta alors vers l'intérieur du château me laissant seule avec mon prétendant. Je ne sais comment ou pourquoi mais son regard m'empêcha de faire un seul pas. Je sentie ses mains m'attraper par les épaules. Jamais il ne se serait permis cela. Je n'ai pas réagi. Son regard si noir, si intense, me captivait autant qu'il me brûlait et me faisait horreur. Je savais dans mon cœur que Robin était et serait toujours mon choix. Mais cet homme qui représentait le danger m'attirait comme une flamme attire un papillon de nuit. J'avais su résister à chaque fois à la lueur traîtresse de ses yeux noirs. Comment, cette fois, me suis-je retrouvée à ce stade sans pouvoir m'échapper ? Je n'en ai toujours aucune idée. Je me rappelle de son visage si près du mien, de son regard brulant. Je n'ai jamais eu l'intention de le laisser faire. Mais sentir ses lèvres sur les miennes, ce contact à la fois chaud et glacial, m'a bouleversé. Je n'ai pu me détacher immédiatement. Mes vingt ans d'alors ne sont en aucun cas une excuse valable. Un instant j'ai cédé à la passion d'un homme pour ressentir à nouveau la chaleur des attentions humaines, le bonheur d'être choyée, aimée. Puis je me suis réveillée, repoussant cet homme, comprenant l'horreur de ce geste. La honte m'envahit alors que ce souvenir remonte à ma mémoire. Je ne peux que m'en vouloir. Et j'espère que si Robin lit ces lignes il me pardonnera cet instant de faiblesse. A partir de ce jour, je mis plus de distance entre Guisbourne et moi. Une trahison dans le camp de Robin me coûta ma place au château. Passant près de la chambre de mon tuteur, je compris que mes heures étaient comptés. Je du m'enfuir à la hâte ne prenant que quelques affaires et le peu de biens précieux que je possédais et pouvais transporter. Mon seul refuge fut la forêt. Je commençais alors une nouvelle vie, loin de tout ce que j'avais vécu avant et qui pourtant m'apporterais des émotions plus fortes que tout ce que j'avais pu vivre.

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MessageSujet: Re: Souvenirs d'une vie   Jeu 12 Mar - 20:45

Guisbourneee ???? Shocked

Une trahison dans le camp de robin tu dis ? Idea


J'ai hate de connaitre sa vie dans la foret ! Vive la suite Wink
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MessageSujet: Re: Souvenirs d'une vie   Dim 15 Mar - 15:08

et voilà la suite avec le début de la vie dans la forêt ! Bonne lecture !


Le lieutenant, l'épouse, la mère ...

Mon arrivée au « camp des hors-la-loi » n'a pas été aussi idyllique qu'on a pu le raconter. Aucun de ces hommes, aucune de ces femmes n'attendaient mon arrivée comme l'arrivée d'une reine des bois. Loin de là ! Peu de gens savaient que j'avais servie d'espionne pour Robin et beaucoup ne me considéraient que comme une noble privilégié appartenant au camp ennemi. Je dois dire que j'étais plus vu comme une intruse que comme une invité. Je n'avais jamais été très portée sur les travaux ménagers. Pas en raison de ma noblesse, mais plus parce que j'étais un garçon manqué. L'endroit où vivaient les compagnons de Robin était plus un village caché au cœur des bois qu'un vrai camp. Chacun y avait sa tâche. Robin était le chef, personne ne le contestera. Un dénommé Jean, qui me faisait plus penser à un ours qu'à un homme, était son premier lieutenant. C'est lui qui m'a vu arriver le premier. Il m'a mise aux arrêts en attendant que Robin vienne confirmé que j'étais bien la femme que je disais être. Cette expérience ne fut pas des plus agréable je dois dire. De plus, Robin a jugé bon de me gratifier d'une sévère remontrance avant même d'avoir entendu les raisons de ma venue. Il me confia à une des femmes du camp qui tenait plus du capitaine que de l'intendante. Chaque femme avait une tâche bien définie. Les hommes, eux, partaient se battre ou piéger des convois. Mes premiers jours furent assez houleux. Je n'étais plus dans une maison où chacun allait s'empresser de répondre au moindre de mes désirs. J'étais livrée à moi-même avec des femmes qui m'acceptaient encore moins que mon tuteur. Aucune équipe n'a accepté que je me joigne à eux. Voyant que les tâches féminines m'étaient difficilement accessibles, j'ai tenté, avec peu d'espoir, de convaincre Robin de me permettre de me joindre aux hommes. Son refus fut catégorique et immédiat. Cela entraîna d'ailleurs une chose que nul n'avait vu jusqu'alors dans ce village : je tenu tête au chef. Je n'avais jamais eu l'habitude de me rendre sans combattre avec Robin et je me rappelle de cette dispute mémorable comme si c'était hier. Je lui hurlé qu'il était comme les autres et que je ne me laisserais jamais enfermer. Il me répliqua qu'une femme digne de ce nom ne se comporterait jamais ainsi. Alors ma colère se fit furieuse et je lui répondit qu'un homme digne de ce nom ne m'aurait pas abandonnée. Cette fois je l'avais dit. Il devint froid et me dit que je n'avais pas la formation requise pour me joindre à eux. Je me suis alors jurée de m'entraîner chaque jour plus durement pour un jour avoir cette formation. Robin resta froid avec moi pendant un long moment. Mais j'étais fière et je refusais de faire le premier pas. Les femmes du camp me regardait de haut. Je n'avais trouvé grâce qu'aux yeux de la sœur de Robin. Elle aimait ma façon de m'opposer sans crainte à l'autorité et surtout à Robin. Les premiers mois au village furent donc bien mornes et ternes. Je dus apprendre à me débrouiller par moi-même puisque personne ne semblait vouloir m'accorder un peu de confiance. Je dirais que tout à changer quand il y a eu la première épidémie. L'hiver commençait à peine et les chasseurs avaient remplis les réserves de viande. La tâche des femmes avaient été de les préparer et les salées pour les conserver. L'hiver semblait vouloir se faire doux cette année là. Le premier malade fut un homme, un de ceux qu'on appelait les informateurs. Ils allaient dans les villages récolter des informations. Je me rappelle de la grande agitation qui régnait lorsqu'il est arrivé. Il s'était effondré de son cheval d'après ce que j'avais pu savoir. Il fut mis dans une maison et soigné par le moine qui résidait dans le village et quelques femmes. Bientôt la maladie se propagea à d'autres personnes. J'avais déjà vu cette maladie frapper les terres de mon père et je me rappelais parfaitement les plantes que les médecins avaient utilisés. Mais qui m'écouterais ? J'étais la brebis galeuse du village. Même Robin semblait ne pas apprécier ma présence. J'essayais quand même de partager mon expérience. Mais personne ne prêta attention à mes paroles. On me repoussa en me demandant ce qu'une noble pouvait savoir de tout ça. On me soupçonna même d'être la cause des malheurs du village. Quand Robin et d'autres hommes importants du village tombèrent malades, je décidais d'imposer ce que j'avais à dire. Pourquoi me laisserais-je faire ? Je me suis donc rendue au chevet de Robin et j'ai du faire face au dragon qui le gardait. Je me suis sentie la force d'un chevalier en cet instant. L'homme qui m'avait tant fait souffrir par son départ, l'homme que je m'efforçais chaque jour d'affronter pour m'affranchir de la passion qu'il animait en moi, cet homme que je chérissais plus que tout gisait là, malade. Alors j'ai écarter le dragon avec autorité et je me suis fixée pour tache de le ramener. Personne ne tenta d'intervenir. Je ne sais si je leur faisais peur. Je sais bien que chaque jeune fille et jeune femme espérait et soupirait pour un regard de celui pour qui j'aurais donné ma vie. Pourtant c'était moi et moi seule qui était là, à son chevet. Il recouvrit bientôt la santé et on m'accorda un nouveau respect. Je pus gagner ma place au sein de la communauté. Les relations entre Robin et moi reprirent comme avant. Les disputes également. En réalité, je dois dire pour ma défense qu'il ne cherchait qu'à me faire enrager. Son jeu favori restait de me raconter à quel point il trouvait telle jeune femme jolie et «appétissante». Je me mettais naturellement dans une rage folle et lui pleurait de rire en me voyant m'énerver. Cette habitude, il ne l'a jamais perdue. Il a toujours aimé plaire et particulièrement aux femmes. Il avait ce curieux sourire dont il usait sans aucune retenue. Il m'arrivait souvent de m'agacer toute seule lorsque les hommes rentraient et que chacun y allait de sa petite histoire sur le charme de leur chef.

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MessageSujet: Re: Souvenirs d'une vie   Dim 15 Mar - 20:44

Mouarf ça faisait un moment que j'avais pas laissé ma trace ! Pauvre marionnette elle a pas eu une vie facile ... Robin c'est un gros boulet qui écoute quedal parce qu'il croit que ce qu'il a entre les jambes lui donne tous les droits ! Mais NON ! A mort les couillus prétentieux moi je dis !
Continues comme ça
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MessageSujet: Re: Souvenirs d'une vie   Mar 17 Mar - 21:40

et la suite de la vie de marianne ! bonne lecture ! et merci pour vos coms !



Ma réputation de femme obtus et vive fut vite faite. Chacun savait que mes colères pouvaient faire beaucoup de dégâts. Les femmes commençaient à me respecter car je n'avais peur de m'opposer à aucun homme. Je fus la première à oser porter des pantalons et des bottes comme n'importe quel homme du village. Robin en rit au début puis il finit par avoir ce haussement d'épaule qui lui venait dés que je n'en faisais qu'à ma tête. Quelques femmes suivirent mon exemple. On me donna bientôt une devise que je ne pense pas vraiment mériter. « Ni mari ni mur ». Il me semble que je dois m'expliquer sur ce point. J'étais la seule femme du village à n'être pas mariée et je n'étais sous l'autorité d'aucun homme. Hors, la seule solution qui restait pour une demoiselle sans famille ou proche parent mâle, restait le couvent. J'ai toujours tenu à préserver ma liberté. Mais je n'étais pas contre l'idée du mariage comme on la si souvent dit dans mon dos. Mais je dois dire que le seul qui aurait pu me le demander ne s'est jamais décidé. La première année dans les bois s'écoula plus rapidement que je ne l'avais cru à mon arrivée. Me souvenant de la condition émise par Robin pour ma participation aux expéditions des hommes, je m'étais entraîner pour être au niveau qu'il attendait. Et un jour, je pus saisir ma chance. L'automne était bien entamé et un des informateurs apporta un message pour Robin. Je le pris disant que je le lui transmettrait dés son retour. Ce n'est pas très joli c'est vrai, mais je lui ai caché ce message. En fait, je suis partie avant qu'il ne rentre. Un homme parcourait les bois volant les pèlerins et se montrant violent dans les villages qu'il traversait. Le message demandait à Robin de s'en charger. Un homme seul se fut ma chance. J'attendis que chacun soit le plus occupé possible et je me mis en route. Je le trouvais sans difficulté. Ma condition de femme semblait un handicap face à cet homme bien armé et plus fort que moi. Je tâchais de tourner ce handicap en avantage. Je lui fis un grand numéro de charme, lui disant que j'avais voulu par moi-même l'auteur de tous les exploits qu'on avait pu raconter. Heureusement pour moi, l'homme est faible face au regard d'une jolie femme. Alors que je me rapprochais de lui, je sortis un couteau dans mon dos et voulu lui planter dans le cœur. L'homme remarqua mon arme et la dévia. Le coup fut porté à la cuisse. La blessure était moyennement profonde mais assez importante pour le ralentir dans un combat. Il n'était vraiment pas prudent de sortir seule, je l'ai compris ce jour là. Mais, il me fallait réussir pour m'assurer le respect de Robin et des autres hommes du village. Je ne savais pas si ma vieille épée tiendrait le choc face à l'arme aiguisée de mon adversaire. Le combat s'engagea et malgré la blessure de mon adversaire, les coups qu'il me portait étaient assez puissant pour me faire perdre mon équilibre. La seule manière de m'en sortir fut de toujours me trouver en mouvement, sa blessure empêchant mon adversaire de se déplacer avec aisance. Je sortis vainqueur de mon combat. J'étais épuisée, courbatues, pleine de bleus, mais j'avais réussi où aucune femme n'avait jamais osé aller avant moi. Je me décidais à rentrer affronter la désapprobation de tous, mais surtout la peur et la colère de Robin. Je ne m'étais pas trompé d'ailleurs. Sa colère fut terrible. Il hurlait, faisait de grands gestes et jurait à tour de bras. Je m'efforçais de rester impassible et droite devant lui. Je n'ai pas baissé les yeux ce jour là. « Tu n'as pas le droit de m'empêcher de me battre. Je suis peut-être une femme mais je suis autant attaché à mon pays que n'importe quel homme ici. J'ai autant de raisons et peut-être même plus de raisons de me battre que toi. Tu ne peux pas me dire que chacun de tes hommes auraient pu le battre. Alors accepte-moi comme je suis ou je partirais. » Ce fut la seule et unique fois où je me suis permise d'user de ce chantage avec lui. Il m'a regarder droit dans les yeux. Il savait aussi bien que moi que tous ces hommes n'étaient pas assez bon combattant pour défaire un homme comme mon premier adversaire. Mais surtout il savait que je serais capable de partir même si cela me déchirait le cœur. Je ne sais pas ce qui l'a décidé. Il me demanda de jurer de lui obéir. Je lui ai juré de lui obéir pour tout ce qui concernait les combats et ce qui s'y rapportaient. Il ne pouvait en attendre plus de moi. Il leva d'ailleurs les yeux aux ciel avec un air résigné. Jamais je n'aurais accepté de plier entièrement devant un homme quel qu'il soit. A partir de ce jour, je participais à plusieurs expéditions à l'extérieur du village. D'autres jeunes femmes voulurent suivre mon exemple. En fait, il s'agissait particulièrement de jeunes filles pour qui j'étais devenue un modèle. Je déplorais ce choix. Je n'étais pas la femme idéal, loin de là. Je les encourageais à prendre modèle sur leur mère autant que possible. Je risquais ma vie en toute liberté mais je ne pouvais imposer mon choix aux parents de ces jeunes filles. Mais devant leur insistance, Robin me demanda de les former et je me suis vite retrouvée à la tête d'un petit groupe. Les mois passants, on me considéra de plus en plus comme un lieutenant de Robin. Je n'en avais pas le titre et ne le voulais surtout pas. Cette charge appartenait à Jean et je n'aurais jamais osé la lui prendre. Je l'en ai d'ailleurs assurer de vive voix. Mais j'étais une des rares à pouvoir faire entendre raison à Robin et on est souvent venu me trouver pour que j'aille voir Robin sur une affaire délicate. J'étais comme un sous-chef non-officiel du village abritant les hors-la-loi. Les relations entre Robin et moi s'approfondissaient de jour en jour. A 22 ans, j'étais une assez jolie jeune femme. J'avais des yeux d'un gris bleu affligeant de banalité mais la vie au grand air m'avait donné une musculature fine et bien marquée. Mais ce dont je tirais le plus de fierté était mes cheveux. J'avais de très longs cheveux châtains qui tombaient sur mon dos. Au soleil, ils prenaient des reflets roux et blonds. Je les entretenais avec soin. Pour combattre, je les nattais et les remontais avec un nœud de cuir sur le haut de ma tête. Robin et les autres riaient beaucoup de ces détails. Ils trouvaient futiles de s'occuper de son apparence pour se battre. Mais je demeurais femme et je ne voulais pas l'oublier, ni que les autres l'oublient. Deux ans de cette existence devait passer avant que ma vie ne change à nouveau. Robin se montrait chaque jour plus aimable, plus prévenant, plus inquiet, plus taquin et surtout plus gêné en ma présence qu'il n'avait pu l'être durant tout le début de notre vie. Le soir de la Saint Jean, alors que chacun s'affairait à convoyer de grosses buches près du feu pour les festivités, Robin m'emmena à l'écart. Il me demanda très sérieusement si je lui en voulait toujours pour son départ. Je ne savais alors que lui répondre. Bien sur ces deux années auprès de lui avaient guéri les blessures de mon cœur et mon pardon lui était acquis mais qui pouvait me dire s'il n'allait pas repartir ?Il me fit assoir et s'agenouilla face à moi. Il entrepris alors de m'expliquer les raisons de son départ, ses disputes avec son père alors qu'il refusait de partir et finalement la peine et les horreurs sans nom qu'il avait pu voir, ressentir. Je comprenais alors combien je l'aimais et combien il m'aimait. Cette nuit restera gravée à jamais dans ma mémoire. Je n'en ferais pourtant pas le récit dans ces écrits. Il est des moments qui n'appartiennent qu'à une femme. Ce que je dirais c'est que j'étais son lieutenant et que je suis devenue sa femme. Ma vie de femme et mon engagement envers Robin ne changèrent absolument rien à ma manière de vivre ma vie. Je partageais la même chambre que Robin. Je me plaçais à ses côtés. Mais j'étais toujours la même combattante acharnée au grand désespoir de celui qui partageait ma vie. Robin aurait voulu que je m'arrête ou au moins que je réduise mes activités guerrières. Malheureusement pour lui, j'étais extrêmement têtue et j'ai toujours refusé d'arrêter mes activités.

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MessageSujet: Re: Souvenirs d'une vie   Mar 17 Mar - 23:51

Ouai sauf qu'à un moment va bien falloir cocote ! Bon beh voilà ... C'est tout ...
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MessageSujet: Re: Souvenirs d'une vie   Jeu 19 Mar - 0:36

mais oui elle va s'arrêter ! Mais ça ne va pas être tout rose ! mais je vous laisse lire ! petit avertissement : c'est la partie la plus dure de cette mini fic !


Pourtant je fus bientôt obligée de calmer mes ardeurs guerrières. Le plus grand bonheur de ma vie de femme fut la grossesse. A 23 ans, j'allais devenir maman. Moi qui avait si cruellement manqué de la mienne, j'allais devenir la mère d'un enfant qui n'aurait que moi. Ce fut la sœur de Robin qui le sut la première. C'était elle qui exerçait ses talents de guérisseuse dans le village. Elle me confirma ce que j'avais deviné. Je vous laisse imaginer les angoisses qui furent miennes à ce moment précis. Serais-je une bonne mère ? Saurais-je m'occuper et élever un enfant ? Et surtout, serais-je capable de donner à Robin le garçon qu'il ne manquerait pas de désirer ? Ces questions, aujourd'hui dénuées de sens, avait une importance capitale pour moi. Mais avant d'y répondre, j'avais une autre tache, celle de mettre au courant le père de l'enfant. Cette tache me fut enlevée par sa sœur. Elle le prévint de ma grossesse avant même que j'eus le temps de lui annoncer moi-même. Ne le sachant pas, je l'ai cherché pour le lui dire. Je l'ai trouvé sous le chêne gigantesque qui trônait au cœur du village. Il s'est avancé vers moi, un immense sourire aux lèvres. Quand je lui ai dit que j'attendais un enfant, il m'a sourit et m'a dit qu'il savait. Il m'a ensuite fait assoir comme si le simple fait de rester debout pouvait être trop fatiguant. Je fus interdite de combat ou autres expéditions extérieures au village. Pour rassurer mon compagnon, j'acceptais les nouvelles conditions de vie que ma grossesse m'imposait. Au début, je ne peux pas nier que je me suis ennuyer. Les premiers mois de ma grossesse se passèrent en nausées, fatigues et colères en tout genre. Je n'avais jamais vu Robin se montrer aussi patient. Puis vinrent les mois ou mon corps se transforma. J'avais repris l'habitude de porter des jupes et je du bientôt les repriser car mon ventre commençait à s'arrondir. Je souhaite à toutes les femmes de connaître ces sensations. Cette vie qui grandissait en moi me remplissait de bonheur. J'ai également profiter de ma grossesse pour me venger un peu de mon compagnon. Je me réveillais en pleine nuit réclamant des mets bien précis pour calmer mes envies. Mais mes envies n'étaient pas toujours réelles. Robin courait et je souhaitais en profiter tant que je le pouvais. Mais bientôt les combats l'éloignèrent de moi plus que je ne l'aurais voulu. Je commençais à sentir l'enfant bouger en moi. J'espérais de tout mon cœur que ce fut un fils. Je ne dis pas que j'aurais fait une différence mais je pensais et on me faisait penser que c'était mon devoir de femme et le souhait de Robin. Bientôt, je fus réduite à ne pouvoir faire qu'une courte marche à quelques mètres du village. L'hiver commençait à peine. Les hommes rentraient ce jour là un peu plus tôt que d'ordinaire. J'attendais au bout du chemin que Robin descende de sa monture. Je fus soudain saisi d'une vive douleur au ventre. La sœur de Robin vint me soutenir alors que Robin courait, affolé, dans ma direction. Sa sœur le repoussa impérieusement du bras. On me porta jusque dans une maison. On m'allongea. Je souffrais le martyr. Fallait-il payer ce prix pour donner la vie ? Je hurlais à chaque contraction. J'appelais Robin. Je le voulais à côté de moi en cet instant. Mais sa sœur lui avait interdit de rentrer et j'appris plus tard que Jean avait du intervenir pour qu'il reste dehors. J'entendais ses pas marteler le sol à l'extérieur. La douleur était atroce. Je me battais contre mon corps pour permettre à cet enfant, mon enfant, de vivre. Le regard de ma belle-sœur me fit comprendre que tout ne se passait pas comme prévu. Lorsqu'enfin je fus délivrée, elle ne me laissa pas le temps de voir mon enfant. Elle l'emporta, me laissant apercevoir une petite silhouette blanche, presque grise. Elle s'agita autour de mon enfant. Je ne saurais décrire ce qu'il se passa dans ma tête à ce moment là. La peur, la douleur, la fatigue m'emportaient dans un tourbillon duquel je ne pouvais m'échapper. Quand enfin elle se retourna vers moi, les yeux embués de larmes, je sus au fond de moi-même ce que je redoutais depuis que j'avais aperçu la petite silhouette. « C'est un garçon ? » Premier hochement de tête. « Il est mort ? » Second hochement de tête. Un mutisme profond s'installa en moi. Je ne pleurais pas. Je n'en avais pas la force. Je ne criais pas. Je ne disais rien. Je ne bougeais pas. Je n'étais plus qu'une ombre. Un fantôme allongé là, un fantôme qui avait perdu une partie de lui-même. Elle enveloppa l'enfant, recouvrant sa tête d'un linge blanc. Elle sortit. J'entendis Robin crier et pleurer. Il entra ensuite dans la pièce où je reposais à demi-consciente de ce qui m'entourait. Il s'agenouilla et posa sa tête sur mon ventre encore gonflé, qui quelques instants plus tôt représentait la vie. Il pleura longtemps, me demandant pardon entre ses sanglots. Pardon de quoi ? Qu'avait-il fait ? J'étais la seule à blâmer. Aujourd'hui encore, je me sens coupable de n'avoir pu lui donner de fils. Notre fils fut enterré dans la forêt, sous un majestueux chêne. Ce fut quand le petit cercueil descendit dans la terre que je compris que j'avais perdu mon enfant, mon fils, mon premier né. Les autres femmes me regardaient avec pitié. Robin restait froid. Il ne pleura pas. Moi, je ne fus qu'un torrent de larmes pendant plusieurs semaines. Nous n'avons jamais reparler de notre fils. J'ai pourtant essayer de lui en parler une fois. Il s'est mis dans une colère noir et m'a demander de ne plus aborder le sujet avec lui. Son refus de parler du passé était ferme.

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MessageSujet: Re: Souvenirs d'une vie   Jeu 19 Mar - 13:12

Naaaaaaaaaaaaaaaaaaan pauvre marionnette et robinet ! C'est trop triste ! mais t'es une vrai sadique bordel ! C'est terrifiant !!!
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MessageSujet: Re: Souvenirs d'une vie   Ven 20 Mar - 0:21

C'est vraiment bien j'aime beaucoup ton histoire!! (même si c'est over triste Sad )
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MessageSujet: Re: Souvenirs d'une vie   Ven 20 Mar - 12:35

et voila la fin de cette partie !


Je repris les combats, cherchant une occupation capable de me faire évacuer ma peine. Je devins encore plus redoutable que je ne l'étais avant. Je n'étais qu'un flot de colère et de tristesse. Nous avons eu une période un peu houleuse avec Robin. Nous n'avons pas été le petit couple idyllique toute notre vie comme semblent le croire beaucoup de monde. Je pense que je fus la plus coupable des deux. Je ne voyais que ma tristesse et pas sa souffrance. Il avait perdu son fils et, à cause de moi, il voyait la femme qu'il aimait s'éloigner de lui. Il nous a fallu une longue discussion pour que nous retrouvions ce lien qui nous unissait si fortement. Notre vie reprit doucement son cours. Je me rendais sur la tombe de mon fils à chacun de ces anniversaires. Quatre ans s'écoulèrent avant que je ne sois de nouveau mère. Lorsque j'appris ma seconde grossesse à Robin, nous nous mîmes d'accord sur un repos absolu. Je ne bougeais pratiquement plus. Je pus mettre au monde une petite fille bien forte au printemps d'après. J'allais avoir 28 ans. J'aimais ma fille plus que tout au monde. Robin se montra très fier de notre enfant. On décida de l'appeler Isabelle. Elle était si jolie. Elle est sans aucun doute ce que j'ai fait de plus beau dans ma vie. J'ai réduit mes sorties combattives pour me consacrer à mon enfant. Je suppose que j'ai été une bonne mère le temps qu'elle était auprès de moi. Les six premières années de sa vie furent un vrai bonheur pour moi. Ses premiers pas, ses premiers mots furent pour moi les plus grands prodiges du monde. Je l'aimais autant que je pouvais aimer Robin. Quand elle eut atteint l'âge de six ans, on me l'enleva. Ce fut le moment le plus dur de mon existence. Robin pensait, à juste titre, je le reconnais à présent, que sa vie pourrait être en danger si elle restait avec nous au village. La voir s'éloigner de moi, ma fille, ma seule enfant vivante, la lumière de ma vie. Robin du me retenir pour que je ne m'interpose pas. Pour sa propre sécurité seul Robin savait où on l'emmenait. A partir de cette instant, je n'eus plus aucune nouvelle de ma fille. J'espère qu'elle a été heureuse et qu'elle a eu une belle vie. J'en ai longtemps voulu à Robin de m'avoir pris ma fille. Lorsqu'une mission pour Londres s'est présentée, j'ai sauté sur l'occasion et je suis parti avec quelques compagnons. Cette mission me rappela à quel point j'aimais Robin et combien il m'était indispensable dans ma vie. Lorsque je revins, nos retrouvailles furent tendre et passionnée. La vie continua sa course folle et, alors qu'on dépliait au ciel le fil de nos vies, l'un d'eux arrivait à sa fin.


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MessageSujet: Re: Souvenirs d'une vie   Sam 21 Mar - 15:56

désolée pour le double post. Je termine ma mini fic avec cette ultime partie ! J'espère que ça vous aura plus !


La dernière danse

Nous préparions cette mission depuis tant de temps. Une grande embuscade où tous les combattants du village participeraient. Hommes et femmes réunis se battraient. Je me suis levé ce matin et ai mangé légèrement. Robin m'a taquiné comme à son habitude sur ma silhouette trop fine. Puis le temps de la préparation est venu. Je me suis armée et ai donné des conseils aux jeunes femmes dont c'était la première grande mission. J'étais responsable de mes femmes comme Robin de ses hommes. J'ai scellé mon cheval et nous sommes partis. Nous nous sommes arrêtés à quelques lieux de l'endroit prévu et nous avons continuer le chemin à pied. Arrivés sur place, il nous fut facile de nous placer. Attendant nos ennemis, je remarquais qu'un des hommes n'était pas à sa place. Cela aurait pu être minime. Mais l'homme était un des piliers du plan. Je jetait un œil à la sœur de Robin. Nous n'eûmes pas le temps de réagir car la bataille commençait déjà. Nous nous jetâmes comme un seul homme sur la petite troupe de nos ennemis. Bien vite pourtant nous nous rendîmes compte qu'il s'agissait là d'un piège tendu avec l'aide d'un traître. Alors que les renforts ennemis nous attaquaient, nous nous rapprochâmes les uns des autres. La victoire semblait nous tendre les bras comme elle l'avait toujours fait. Alors que nos ennemis battaient en retraite, je remarquais au loin un objet brillant. Identifiant une flèche destiné à mon compagnon, je me jetait devant lui, prenant la flèche un peu au dessus du cœur. Je m'effondrais sur le sol. Je ne voyais plus rien. Je suis toujours au sol et je ne vois rien. Si ! Robin. Je voudrais qu'il arrête de pleurer. « Pourquoi ? Pourquoi as-tu fais ça ? » Je n'en sais rien. Quand je disais que je t'aimais à en mourir ... « Marianne, ne me laisse pas. Je n'y arriverais pas sans toi. » Oh ! Que je voudrais du temps encore avec toi ! Je dois lui donner le courage. « Tu dois continuer Robin. C'est toi qui est important pas moi ! » Cette douleur ! Cette horrible douleur ! « Je ne serais jamais loin de toi. On se retrouvera. Je te le promets. Veille bien sur notre fille. Vis ! Vis sans moi pour l'instant. Nous serons réunis un jour... » Pas déjà ! Je sens le souffle de ma vie s'en aller. J'ai tant de choses à vivre, tant de choses à dire. C'est trop tard. Robin s'éloigne et pourtant il est toujours à côté de moi. On dit que quand on meurt on voit sa vie défiler devant soi ... Je ne sais si la mienne en vaut la peine mais j'ai voulu la retranscrire tel que ma mémoire me l'a montrée à la fin. Je m'appelle Marianne Fitzwalter et je meure aujourd'hui dans les bras de l'homme que j'aime en espérant pouvoir le retrouver un jour, dans une autre vie où nous nous aimerons de la même passion et nous recréerons une vie à nous pour la vivre.

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MessageSujet: Re: Souvenirs d'une vie   Sam 25 Juil - 5:43

J'ai adoré ta fic!
Elle était vraiment géniale et très bien écrit.
Bravo!
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